pari raté pour les écolos de Toulouse

Le candidat écologiste n’a pas su dépasser la barre des 5 %. “C’est une déception d’avoir un résultat en-deçà du projet qu’on a porté” regrette Antoine Maurice, membre d’Europe Ecologie Les Verts à Toulouse (EELV), interrogé par L’Opinion Indépendante. Un revers cinglant alors que l’urgence pour le climat est plus que jamais d’actualité. En effet, les experts du GIEC appellent les gouvernements du monde entier à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les trois prochaines années pour éviter les effets les plus dévastateurs du changement climatique.

Présidentielle : l’écologie relayée au second plan

“Nous avons vécu une non-campagne présidentielle qui a été bouleversée par plusieurs éléments” déplore Antoine Maurice. Il poursuit :

Tout d’abord, le début de la campagne a été parasitée par Eric Zemmour. Il a pollué la majorité des débats avec des sujets comme l’immigration, qui n’était pas un thème très important ni pour les Français, ni par rapport aux urgences du moment”.

Par la suite, la présidentielle 2022 a été bouleversée par la guerre en Ukraine. “Cet événement aurait pu permettre de montrer que la paix et le climat étaient liés. Ce qu’a essayé de faire Yannick Jadot, mais cela a été compliqué” admet l’élu toulousain.

En parallèle, Emmanuel Macron a également fait le choix de limiter sa campagne et de refuser les débats avec les autres candidats. Une première dans l’histoire de la cinquième République. Cette absence d’échange a compliqué les débats de fond portant sur les choix de projets de société. “Pour ces raisons, l’écologie et le climat ont été des sujets très peu traités dans cette campagne, alors qu’ils conditionnent notre capacité même à vivre dans les années à venir”, rappelle Antoine Maurice.

L’Union ratée de la gauche regrettée

Pour l’écologiste toulousain, la question de l’union se pose. Pourtant, les maintes tentatives d’un rassemblement se sont toutes soldées par un échec. “Au début de cette campagne 2022, Yannick Jadot a lancé un appel de manière à réunir les leaders de la gauche, notamment Jean-Luc Mélenchon, et les écologistes, mais il y a eu un refus des candidats de construire un projet commun”, souligne l’élu.

Alors que le candidat de la France insoumise a réalisé un score historique, en se retrouvant à 1,2 % de Marine Le Pen et donc du second tour, Antoine Maurice estime qu’un geste de Jean-Luc Mélenchon aurait pu changer la donne :

Force et de constater qu’à la fin, Jean-Luc Mélenchon a bénéficié de la bonne dynamique des idées de justice sociale et d’écologie. Il a réussi à rassembler. Mais la responsabilité de l’incapacité à ne pas pouvoir rassembler ne repose pas seulement sur ceux qui ont fait des petits scores. En politique, c’est toujours aux personnes en position de force d’avoir la responsabilité et la capacité à rassembler” martèle Antoine Maurice.

Pour l’heure, l’urgence des Verts est d’éviter que l’extrême droite n’arrive au pouvoir. Pour le partisan d’EELV, le bulletin Macron “empêchera l’extrême droite d’atteindre le pouvoir”. Un appel au vote pour le président sortant, comme l’a annoncé hier soir Yannick Jadot, est donc plus que jamais à l’ordre du jour pour les écologistes. 

Les législatives pour se relancer

Pour les partis de gauche et les écologistes, les législatives de 2022 se préparent d’ores et déjà. Pour cette nouvelle échéance, la gauche écologiste souhaiterait se rassembler.

Désormais, c’est à Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Fabien Roussel et les partis de gauche de travailler ensemble pour faire élire le maximum de député et porter les valeurs de justice sociale, d’écologie et de démocratie, car nous en avons besoin face à Emmanuel Macron, s’il est réélu. Après viendra le temps de l’introspection, de l’analyse et de voir quelle suite nous allons adopter pour sortir de la logique mortifère dans laquelle nous sommes depuis 2017, à la suite du quinquennat de François Hollande”, nous déclare Antoine Maurice. 

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