Les Oscars échouent toujours au “test DuVernay” de la race et de la représentation au cinéma

Après l’affichage de cette année de claques dans le dos, de discours d’acceptation en larmes et d’une gifle au visage, nous devons nous rappeler que l’inclusion et la représentation dans l’industrie cinématographique n’étaient pas seulement une mode de l’été 2020 – c’est une lutte continue qui compte.

Voir des visages plus diversifiés sur grand écran est un premier pas essentiel vers l’inclusion, mais cela ne suffit pas en soi. En effet, cette année a été une décision sérieuse arrière dans la diversité, avec moins de la moitié du nombre d’acteurs de couleur recevant des Oscars par rapport à 2021. Le public a besoin d’un mécanisme pour tenir les producteurs de films, les dirigeants et les studios responsables des histoires qu’ils racontent.

Le “Test DuVernay” fournit un tel cadre sur la race à travers une liste de questions par lesquelles nous pouvons juger un film pour sa représentation des groupes minoritaires. Inspiré du “Test de Bechdel” – un test similaire pour les rôles féminins – le Test de Duvernay doit être au premier plan lorsque nous évaluons les dernières et meilleures offres de l’industrie cinématographique.

Le test pose cinq questions clés : les panneaux de costume sont-ils blanchis à la chaux ? Les personnages de couleur poursuivent-ils leurs propres objectifs, distincts des personnages blancs ? Les personnages de couleur ne parlent-ils que de leur race ? Les personnages sont-ils à la hauteur des stéréotypes nuisibles, simplistes ou carrément racistes ? Enfin, le réalisateur, l’écrivain ou le créateur est-il représentatif de la culture de l’histoire ?

Psychologiquement, la représentation véhicule un sentiment d’appartenance. Cela ne devrait pas nous surprendre que les élèves noirs qui avaient un enseignant noir à la maternelle étaient 18 % plus susceptibles de s’inscrire à l’université.

La représentation doit aller au-delà de la salle de classe. Une étude longitudinale de 396 enfants noirs et blancs de tous sexes a été menée pour évaluer les effets de l’écoute de la télévision. Les résultats ont montré que l’exposition à la télévision prédisait une baisse de l’estime de soi chez les filles noires, les garçons noirs et les filles blanches. Essentiellement, l’étude a révélé que la télévision permet aux enfants de se sentir bien, mais seulement si ces enfants sont des garçons blancs.

Alors que nous revenons sur la saison des Oscars, il est important de garder à l’esprit certaines statistiques clés. En 2019, le rapport sur la diversité de l’UCLA à Hollywood a révélé qu’en 2017, seulement 20 % environ de la distribution principale des films étaient des personnes de couleur, même si ce groupe représentait plus de 40 % de la population.

Nous ne pouvons pas permettre aux studios et aux directeurs de cinéma d’ajouter simplement une seule personne de couleur au casting, puis de se féliciter comme s’ils avaient mis fin au racisme avec une décision de casting.

Fondamentalement, les histoires racontées par les médias influencent les histoires que nous nous racontons. Dans l’atmosphère actuelle, les films à prédominance “noire” se concentrent presque exclusivement sur la douleur et la souffrance noire. Depuis 2012, la liste des films qui se concentrent principalement sur les traumatismes noirs est à la fois époustouflante et suffocante, de 12 Years a Slave à Django Unchained.

Ces histoires forment une partie importante de l’expérience des Noirs en Amérique.Nous devons nous rappeler que l’histoire des Noirs n’est pas un canon monolithique, mais plutôt une riche mosaïque de diversité et de culture. Où sont les histoires sur Black Joy, Black Creation et Black Love ?

Les studios doivent également être tenus responsables de leurs lacunes. Il ne faut pas seulement juger les films sur leurs performances au test Duvernay, il faut aussi juger les studios sur leurs performances historiques à cette échelle. C’est la seule façon d’évaluer les changements réels et à long terme.

Comme dans tout domaine de la vie, on ne peut évaluer l’amélioration qu’en mesurant. Nous ne pouvons pas juger du “progrès” de notre culture sans normes pour la maintenir. Le test DuVernay nous donne un mécanisme pour demander des comptes à notre culture et à ses gardiens.

Alors que nous regardons la saison des Oscars, il est important de se rappeler qu’un tel mécanisme existe. C’est à nous de l’utiliser.

Nicole Tucker-Smith est auteur, fondatrice et PDG de Lessoncast et membre de l’équipe de Race to Better Health.

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