Dream Theater : le lyrisme rock de “Vue du toit du monde”

Les Pixies sont de retour ! Pour ce troisième album depuis la Réforme, le groupe du Massachusetts fait fort, confirmant la puissante écriture de Black Francis

Il y a beaucoup de fantômes dans le nouvel album elfes. Enregistré dans une vieille église de Woodstock pendant un hiver glacial, Sous l’aire est le troisième disque depuis la Réforme. Album dont Black Francis est issu » très fier » mais sur lequel il se voit mal épilogue. Et pourtant… Si Sous l’aire est, comme le titre l’indique, inspiré d’un nid d’aigle situé juste au-dessus de l’église en ruine de Woodstock, et trouve également ses origines dans les mondes terrifiants d’Edgar Allan Poe ou de Mary Shelley, sans oublier les références religieuses que Black tient à cœur à Francis . ” Je voulais une ambiance gothique, dérangeante, un peu bizarre dès le départ… il explique. Le paysage qui nous entourait pour la prise de vue, ces rivières et le brouillard n’ont fait que renforcer cet aspect. Il y avait aussi beaucoup d’animaux dans les murs, on les entend sans les voir, surtout le soir ! Alors les lutins travaillent la nuit ? Joey Santiago, le guitariste du groupe, corrige : ” Officiellement non. Pendant la journée, nous enregistrons avec le producteur, le soir, nous dînons ensemble, en jammant et en riant. Quant au producteur, c’est Tom Dalgety (Royal Blood) qui a depuis remplacé le fidèle Gil Norton. couvre-chef (2016) . « Nous aimions Gil, mais quelque chose de nouveau était nécessaire. Tom ne nous a pas déçus : il a des idées, de l’énergie… et croit en notre talent, c’est le principal.” Pour cause : à cinquante ans, le timbre furieux de Black Francis et les riffs de guitare de Joey Santiago fonctionnent comme sur des roulettes. Le bassiste Paz Lenchantin s’est davantage impliqué dans le groupe, participant même à l’écriture de chansons comme “Los Surfers Muertos”.

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“Depuis qu’on a enfin réalisé que la musique nous sauvait, le groupe est à l’aise. »

Invoquer des éléments naturels comme le ciel, l’eau, le vent ou la lune, se moquer de la mort et accepter sa présence menaçante, Sous le fond contient des hymnes rock typiques du groupe comme “This is My Fate”, “Ready for Love” ou “Silver Bullet”. Mélodie, rage, sombres histoires de noyades ou de fantômes… En termes d’influences, Santiago évoque la new wave, le cabaret, la bossa nova, Ennio Morricone, le surf rock des années 60 (évidemment dans “Long Rider” ou “St. Nazaire”), insiste Francis sur la puissance d’une guitare dans laquelle il a une de ses dents enfoncée. Une molaire, pour être exact. ” Ce qui compte aussidit-il soudain sentimentalement, c’est la solidité des lutins. Nous comptons beaucoup les uns sur les autres. Nous sommes une vraie tribu. Tout en haussant un sourcil dubitatif, il ajoute : ” et comme toute famille, quand on s’aime, on apprécie aussi de ne pas se voir. »

Rien d’étonnant quand on pense aux troubles du passé, à la dispute avec Kim Deal à l’arrivée de Paz Lenchantin, aux deux complices traversant les cures de désintoxication. La famille est toujours un peu dysfonctionnelle… » Nous avons eu une thérapie, donc c’est mieuxdit Santiago. Depuis qu’on a enfin réalisé que la musique nous sauvait, le groupe est à l’aise. “Eh bien, presque : la fin de ‘Death Horizon’ parle autant de la fin d’une relation amoureuse (Black Francis dans ce cas) que du monde à venir. D’ici l’apocalypse pour exaucer un vœu ? Tous deux sont d’accord : vous devez rencontrer Bob Dylan. ” Et ne gâche pas trop nos vies ferme François Noir. Sage décision !

Entrevue par Sophie Rosemont

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