Critique du film “Paris, 13e arrondissement”.

Les œuvres plus récentes du réalisateur français Jacques Audiard n’ont pas pu rivaliser avec ses projets du début des années 2000, qui reposaient sur des thèmes et des idées beaucoup plus intéressants, Un prophète et lis sur mes lèvres spécial. Pourtant, j’apprécie sa polyvalence dans les genres qu’il couvre, du western au crime, et son approche stylistique. L’inspiration d’Audiard pour les romans graphiques du dessinateur américain Adrian Tomine découle de sa perspicacité dans la nature humaine. Le dessinateur a une technique d’écriture particulière qui pénètre l’esprit des personnages de ses histoires. Il montre au lecteur les insécurités les plus intimes en examinant leurs expressions faciales et leur langage corporel plus que le dialogue, bien que cet aspect montre également leur affinité.

Il y a un lien entre l’œuvre de Tomines et celle d’Audiard par leur tangibilité dramatique. Donc, si quelqu’un devait porter ces romans au grand écran, ce serait Jacques. La dernière œuvre du réalisateur est une adaptation de trois nouvelles de Tomine. Il les transforme en histoires complexes d’amour et de désir modernes à l’ère numérique, qui se déroulent aux Olympiades, un quartier du 13e arrondissement de Paris. De cet endroit vient le titre du film, Paris, 13e arrondissement (ou alors Les Olympiades dans son français natal), dans lequel ses appartements de grande hauteur fournissent la toile de fond nécessaire à cette série d’histoires. C’est une anthologie de romance contemporaine, pas tant dans le sens de paris je t’aimemais encore plus quand Eric Rohmers Pleine lune à Paris ou alors Ma nuit chez Maud ont été décomposés en parties distinctes et adaptés à la génération d’aujourd’hui.

Paris 13ème

Même si le scénario d’Audiard, Céline Sciamma et Léa Mysius n’atteint pas le poids émotionnel de Rohmer. Le premier personnage que nous rencontrons est Émilie (Lucie Zhang), une sous-performante sino-française qui vit dans l’appartement de sa grand-mère. Elle cherche une colocataire, et c’est alors qu’arrive Camille (Makita Samba), enseignante dans une école voisine. Ils se retrouvent dès son emménagement, ce qui complique leur dynamique de colocataires. Leur relation change radicalement lorsqu’il invite un collègue à dîner. Il leur faut un certain temps pour comprendre leur compagnie car ils ajustent constamment leurs “règles d’engagement” amoureuses. Ils ne savent pas ce qu’ils veulent au final, mais ils ajustent constamment leurs limites.

LIS: ‘Tokyo Vice’ Episodes 4-5 Spoilers Recap / Review

Trente minutes après le début du film, nous rencontrons Nora (Noémie Merlant), une étudiante en droit d’une trentaine d’années qui, après avoir acheté une perruque blonde coupe au carré, est prise pour une camgirl nommée Amber Sweet (musicienne française Jehnny Beth). . Cela fait beaucoup de bruit à l’université et rend difficile pour elle d’aller en classe sans se faire moquer. Au bout d’un mois, nous avons un aperçu de la situation d’Émilie – elle a obtenu un emploi de serveuse. Cependant, nous passons rapidement à Nora lorsqu’elle obtient un emploi dans la même agence immobilière que Camile, et contrairement à Émilie une fois qu’elle obtient le poste, elle fixe les frontières entre eux. Au fur et à mesure que le film progresse, les personnages s’entremêlent, se connectant lentement et formant des liens plus profonds.

Bien que Tomine capture soigneusement les enchevêtrements érotiques ou romancés de cette génération, l’impact et le poids émotionnel manquent à l’adaptation d’Audiard. La plupart des personnages ne sont pas fondés. Leur façon de parler semble trop fictive car le scénario est trop romancé. Pour cette raison, il existe une déconnexion significative entre le matériel source et le script. Les premiers réparent élégamment les relations pour les rendre réalistes, tandis que les seconds ont un comportement plus froid. Un autre problème est que certaines sections de l’histoire fonctionnent tandis que d’autres ne font qu’effleurer la surface de leur véritable potentiel. Il y a une introduction adéquate à chacun de ces personnages, que nous suivrons pendant une centaine de minutes. Cependant, lorsqu’il se rapporte à des thèmes plus profonds et plus sombres, il vire à une autre vague histoire parallèle.

Seule une poignée de films ont réussi à aborder l’amour (et les peurs qui l’accompagnent) dans un monde numérique et à intégrer ces aspects dans leur récit (applications de rencontres, cam girls, etc.). Quoi qu’il en soit, ce n’est pas la faute des acteurs; ils sont la grâce salvatrice. Bien que les nouvelles venues Lucie Zhang et Makita Samba soient charmantes et attrayantes à regarder, Noémie Merlant et Jehnny Beth vous apprécient au générique. Bien que la majeure partie se fasse sur Skype, leur chimie est palpable. Malheureusement, c’est de loin la pire fonctionnalité d’Audiard, et c’est frustrant quand on voit le talent derrière. Il y a de grandes performances charmantes, une belle cinématographie en noir et blanc de Paul Guilhaumes, et la partition de Rone est percutante et accrocheuse. Cependant, le scénario et la réalisation manquent de cohérence et de profondeur. – Hector Gonzalez

Note : 5/10

Paris, 13e arrondissement sera lancé dans certaines salles et sera disponible sur demande le 15 avril.


Leave a Comment