Coulommiers. Le cinéma très critiqué

Ouvert en 2011, le Théâtre de l'Hémisphère suscite de vives polémiques en Brie
Ouvert en 2011, le Théâtre de l’Hémisphère suscite de vives polémiques en Brie (© VAR/LPB)

“Donnez-nous l’envie et la joie de retourner au Théâtre de l’Hémisphère”, exhorte ce retraité colombien sur une page d’entraide du réseau Facebook. Cet internaute veut un cinéma accueillant, épuré, avec des films d’art et essai, et surtout, un lieu plus régulier.

Le mécontentement à l’égard de ce cinéma se fait entendre depuis un certain temps. Le principal point de critique est les heures d’ouverture très réduites.

“Nous sommes ouverts 4 jours sur 7”

« Nous avons plus de 600 000 euros de frais par an, une journée d’ouverture coûte en moyenne 2 000 euros. Il faut savoir que contrairement à l’agglomération Coulommiers – Pays de Brie, Laurence Picard nous a soutenu. Tous les voyants sont au rouge depuis la pandémie, les grandes sorties de films ont été retardées, le public est moins venu depuis toutes les restrictions sanitaires. Le constat est que nous n’avons pas assez d’argent pour payer le loyer élevé.

Le manager Dragan Klissaric le résume. Pour lui, l’Agglo est dans le collimateur : “Il ne faut pas oublier que nous avons été fermés pendant sept mois, puis en plus du couvre-feu, la barre des 35 % dans les salles nous a été imposée. En Belgique, les salles vont fermer, le risque est que les cinémas, les musées et les théâtres suivent le même protocole que les boîtes de nuit”, analyse Dragan Klisaric.

Du centre-ville à la zone industrielle

En résumé, en l’absence d’une salle pleine, la gestion devient délicate et le manager doit prendre des décisions. “Nous stockons des films pour enfants et scolaires, nous sommes ouverts quatre jours par semaine en moyenne”, poursuit-il. Le jeudi et le vendredi étant souvent des jours “libres”, le cinéma est donc ouvert du 12 au 14 décembre. « On n’a pas ce problème à Paris à l’Epée de bois, on se fait aider par la mairie et on est ouvert 7 jours sur 7 quand le cinéma était fermé. Les piscines de Coulommiers et de La Ferté-sous-Jouarre sont aidées, nous non, il y a une inégalité de traitement », ajoute Dragan Klisaric.

Alors il regrette le temps où son cinéma était en centre-ville :

« Lorsque Franck Riester était ministre de la Culture, nous avions de grands espoirs. Mon souhait n’était pas d’aller dans la zone industrielle”, raconte le responsable.

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Le passage était obligatoire, mais on se souvient que ce nouveau cinéma, il accueillait Dany Boon, rappelons-le, profitait de l’ère florissante du 7e art, notamment des sorties des films Harry Potter. Un temps a passé, il devient difficile de profiter du cinéma en toute tranquillité sans passer par la case obligatoire.

L’éventuel retour du masque dans les salles, le passeport sanitaire, inquiète le dirigeant : « Tout est contre nous, aller au cinéma en France est en chute libre, les distributeurs repoussent la sortie de films comme Eiffel ou le dernier James Bond. Il faudra attendre mai ou juin pour la suite d’Avatar », note Dragan Klisaric.

De son côté, la municipalité attend une décision de justice et ne peut pas se prononcer pour le moment. « Le 14 novembre 2019, la communauté communale a voté à l’unanimité le non-renouvellement du bail commercial de l’opérateur actuel, commente le Président. Une procédure judiciaire est actuellement en cours, la communauté d’agglomération ne peut donc pas se prononcer tant que l’instruction est en cours. »

Et d’ajouter : « Cependant, nous pouvons confirmer que la Municipalité a exonéré l’opérateur des loyers lors de sa fermeture forcée en raison de la crise sanitaire. »

Les Briard sont surpris

« Ce cinéma ne fonctionne plus normalement, quel avenir a-t-il ? Cependant, les chambres sont agréables et il y a un grand parking. Le problème, c’est qu’ils ne montrent pas de films plus récents, alors les gens vont à Provins ou à Disney Village. Le dernier film que j’ai vu à Coulommiers, Adieu les cons, en mai », raconte Bernard, retraité de Coulommiers. Il regrette aussi les prix : « 79 € pour un livre de 10 entrées à Coulommiers contre 60 € à Provins », note le Briard.

Le bilan pour ce futur quinquagénaire, Nicolas, Farremont : « Le cinéma, je n’y vais plus, mon dernier film c’était Spider-Man 3 en ville ! DVD, streaming, séries dédiées et sites de cinéma, tout cela réduit peu à peu la portée du 7e art au cinéma. La qualité globale des films actuels laisse le public dévasté, c’est un phénomène de société, les gens n’ont plus la flamme pour rien.”

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